L'inégalité entre les peuples, leurs classes sociales et les sexes

Le problème, aussi large que complexe, déborderait le cadre d’un site. Mais il est important de le signaler. Une recherche en cours dénonce l’inégalité croissante entre les peuples, l’injustice accablant les couches sociales défavorisées, l’inégalité entre les sexes : ces situations risquent d’être occultées par les problèmes, certes tout aussi impérieux, liés à la dégradation de la Terre. Cette inégalité, ces injustices, datent de plusieurs millénaires. Des progrès ont été réalisés, ici et là, mais les problèmes de fond demeurent. Pourtant, les enquêtes, les recherches, les discours politiques ou religieux, les avertissements ne manquent pas. Ils ne datent pas d’hier. Déjà en 1755, Jean-Jacques Rousseau publiait « Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité entre les hommes ». Deux cent cinquante ans plus tard, la situation s’est considérablement aggravée et prend toujours plus de nouvelles formes : accaparement de régions entières pour y développer des activités plus rentables, dépouillement des paysans de leurs terres, déforestation, misère des hommes travaillant dans les profondeurs de la terre, dans les mines de charbon, de minerai ou de pierres précieuses, humiliations de la Femme, scandale des mutilations sexuelles, horreur des prisons, souffrances des hommes et des femmes torturés. Tantôt montrée avec compassion, tantôt banalisée, la violence est souvent récupérée au profit d’un film ou d’une émission télévisée esthétisante et accrocheuse, voire perverse. La coexistence de ces défis nécessite une réflexion constante, et notamment, d’ordre organisationnel : comment établir les priorités lors de l’élaboration de chaque budget, à l’occasion de chaque colloque ? Ne faudrait-il pas veiller à ce que tout forum, dès qu’il acquiert un niveau international, aborde systématiquement, simultanément, les deux grands défis de l’humanité : la lutte pour la survie de la Planète, la lutte contre l’inégalité foncière entre les hommes ?

Une nouvelle Alliance ?

Les religions ont apporté à l’humanité un supplément d’âme. Certes, la plupart ont connu ou connaissent aujourd’hui des périodes violentes, se trouvent contestées par ceux qui ne partagent pas leur message ou leurs codes sociaux. Mais elles ont en commun, outre leurs missions sacrées, la défense de valeurs fondamentales : respect et amour, justice et partage. La plupart ont créé des chefs d’œuvre d’art ou de littérature, des édifices religieux prestigieux, des œuvres musicales sublimes. Des milliards d’être humains invoquent les cieux pour la paix et la justice dans le monde, tout en se préparant, tantôt au crépuscule de leur vie, tantôt au long de l’existence, à l’ultime instant, celui de la rencontre avec leur dieu. On peut regretter, dans ce contexte, que l’Union Européenne n'ait pas, jusqu’à présent, mentionné dans sa constitution, la richesse héritée de la tradition gréco-judéo-chrétienne, ni celle de la culture arabo-musulmane. On a raison d’insister sur la liberté d’expression, le multiculturalisme, la nécessaire séparation de l’Eglise et de l’Etat. Mais on constate que l’éloge de la laïcité est parfois instrumentalisé à des fins politiques visant à affaiblir, voire à rejeter diverses formes d’expression ou d’identité religieuse. Cela étant dit, on constate avec une égale évidence, la face noire que peut receler mainte religion. L’Histoire est jalonnée d’épisodes sanguinaires. Actuellement, un fait parmi d’autres, est particulièrement heurtant : la multiplication d’attentats terroristes perpétrés contre des assemblées religieuses à l’occasion d’un mariage ou d’un rite funéraire, alors même que le dieu invoqué par les assaillants est le même que celui célébré par les victimes. Aux sacrifices humains de l’ancien Mexique ou de l’empire Inca, aux bûchers de l’Inquisition de la vieille Europe, succèdent aujourd’hui des procédés tout aussi inquiétants, visant à humilier, à spolier, à terroriser, à pousser à l’exode, voire à massacrer des populations entières. Ce ne sont plus des chefs de guerre qui invoquent leurs dieux pour se justifier, mais des hommes politiques, des chefs religieux.

L’une des tâches du XXIème siècle sera de penser un autre rapport, une autre alliance, avec Dieu ou avec les dieux